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Au grand dam des entreprises, 75 % des jeunes titulaires d’un DUT génie civil poursuivent leurs études. Cette formation est plus généraliste et plus théorique que le BTS.
Désespérées ! Tel est l’état d’esprit des entreprises tant le nombre de jeunes titulaires d’un DUT génie civil se présentant sur le marché du travail est faible. Sur les 1 900 jeunes inscrits en 2e année, 25 % environ iront travailler en entreprise l’été prochain ; les autres poursuivront leurs études un an de plus en licence professionnelle, voire trois ans en master ou en école d’ingénieurs. La tendance est la même pour le DUT génie thermique et énergie. Depuis la rentrée scolaire de septembre 2005, les DUT ont semestrialisé leur enseignement pour s’adapter notamment à la réforme LMD (ce n’est pas le cas des BTS). C’est à la fin du semestre 3 (fin janvier) que les avis de poursuite d’études sont délivrés à chaque jeune selon s on niveau scolaire et son projet professionnel personnel (PPP). Les plus brillants seulement pourront accéder aux écoles d’ingénieurs.
A l’instar des lycées pour leurs classes de BTS, les IUT font aussi le plein de jeunes. « Les demandes d’admission sont en hausse depuis deux ou trois ans », confirme Eric Cuvillier, président de l’assemblée des chefs de département génie civil. Surtout, les IUT croulent sous les demandes des entreprises. « Les besoins des entreprises excèdent trois à quatre fois le nombre de places disponibles dans nos IUT », confirme Guy Flucha, responsable du département génie thermique et énergie (GTE) de Saint-Lô et président de l’assemblée des chefs des 16 départements GTE. Idem pour génie civil où les entreprises souhaitent intégrer ces jeunes bac + 2 comme assistant chef de chantier ou aide conducteur de travaux. « Sur 106 diplômés en 2005, 25 sont entrés dans la vie active alors que nous avons 400 emplois proposés par les entreprises », résume Jean-Marie Hentz, directeur des études de l’IUT de Grenoble. Cette tendance à la poursuite d’études ne devrait pas s’estomper dans les années qui viennent. La réforme de l’enseignement supérieur en trois grades (licence-master-doctorat, LMD) pousse les jeunes bac + 2 (et notamment les DUT) à poursuivre un an pour obtenir le grade de licence. « Ça pèse, reconnaît Gérard Gérola, directeur des études au département génie civil de l’IUT de Nîmes. Pour bon nombre de nos étudiants, l’année de licence professionnelle est une année qui les rassure, durant laquelle ils gagnent en maturité pour aborder l’entreprise. Nous leur disons bien : ne poursuivez pas vos études pour poursuivre. Il faut que la licence apporte un plus, une spécialisation. Sinon, cela ne sert à rien ; autant aller travailler à l’issue du DUT. »
Lien vers la Liste des DUT
Niveau requis : bac S ou STI.
Niveau du diplôme : c’est un bac + 2, organisé en quatre semestres.
Spécialités : dans le BTP, il y a le DUT génie civil (20 instituts universitaires de technologies – IUT – forment 4 320 jeunes) et le DUT génie thermique et énergie (16 IUT forment 2 500 jeunes).
Poursuite d’études : en licence professionnelle (un an), master et école d’ingénieurs (trois ans).
Insertion dans l’emploi : selon la taille de l’entreprise, un jeune DUT génie civil démarre aideconducteur de travaux ou aide-chef de chantier, ou technicien en bureau d’études ou en entreprise pour le DUT GTE.
« Les entreprises sont friandes de nos DUT »
« Nous avons conduit, en 2005, une enquête auprès de l’ensemble des IUT de génie civil sur les diplômés 2002. Il en ressort que 75 % d’entre eux poursuivent leurs études et 25 % travaillent. Un an après, ils sont 50 % à travailler si l’on inclut les jeunes qui ont continué en licence professionnelle. Les autres poursuivent des études plus longues en master ou en école d’ingénieurs. Les jeunes qui décident de travailler à l’issue de leur DUT trouvent sans aucune difficulté une entreprise ; ils démarrent dans la catégorie Etam comme assistant chef de chantier ou assistant conducteur de travaux, pour un salaire annuel brut de 20 000 euros en moyenne. A Bordeaux, en plus de nos quatre groupes de 25 élèves en 1re année, nous accueillons aussi une classe complète de 26 élèves qui préparent leur DUT par la voie de l’apprentissage. C’est une façon pour les entreprises d’attraper les jeunes à la source. »
Antoine Marescaux
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