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Les licences professionnelles dans le secteur de la construction

Une année de spécialisation qui débouche sur l’emploi

Cette année supplémentaire permet aux jeunes bac + 2 de se spécialiser dans un domaine avant d’intégrer une entreprise ; bon nombre de licences se préparent via l’alternance.

De plus en plus de jeunes BTS ou DUT poursuivent leurs études un an afin d’obtenir leur licence professionnelle et de décrocher ainsi le grade de licencié, le premier niveau post-bac reconnu au niveau européen. La quasi-totalité des IUT ont créé une ou plusieurs licences professionnelles ; les lycées (qui forment les BTS) ne le peuvent pas : les licences professionnelles ne peuvent être portées que par les IUT et les universités. Cela n’empêche nullement les jeunes BTS d’y accéder. Les promotions BTP sont souvent remplies à parité de DUT et de BTS. « Cette année supplémentaire rend les jeunes plus sûrs d’eux pour rentrer dans le monde du travail », observe Jean-Marc Roucoult, chef du département génie civil à l’IUT d’Amiens qui porte depuis deux ans une licence sur les « choix constructifs et la durabilité des ouvrages ». Les enseignants sont unanimes : cette année permet aux jeunes d’acquérir la maturité qui leur fait encore défaut avant de travailler.

Car c’est le but des “licences pro” : spécialiser le jeune sur un métier ou une niche d’emploi avant son insertion dans la vie active. Les poursuites d’études sont marginales, voire honnies par les responsables pédagogiques. « Je ne suis pas favorable à la poursuite d’études après une licence professionnelle, prévient Catherine Lavandier, chef du département génie civil de l’IUT de Cergy-Pontoise. Nous préparons une licence en apprentissage sur la gestion technique du patrimoine immobilier. Le jeune a déjà un pied dans l’entreprise et a vocation à travailler. » De fait, la quasitotalité des jeunes travaillent à l’issue de leur licence.

Les entreprises, très attachées aux bac + 2, vont devoir apprendre à se familiariser avec ce niveau d’étude des. Aujourd’hui, rares sont celles qui font une différence entre un jeune bac +2 et un jeune bac +3. Les postes d’embauche sont les mêmes, les rémunérations également, à peu de choses près. Quant aux évolutions de carrière, elles dépendent surtout du jeune. La licence pro n’est pas en soi un booster de carrières. « Un jeune, licence professionnelle, démarre chef de chantier, comme un DUT », reconnaît, Patrick Perboire, responsable RH de l’entreprise toulousaine de travaux publics Malet. L’approche est la même au sein du bureau d’études IPH (68 salariés, près de Saint-Quentin, dans l’Aisne). « Un jeune, licence professionnelle, est embauché chez nous comme chargé d’opération bâtiment. La différence avec un bac + 2 est son coefficient d’embauche », illustre Fabrice Poulain, adjoint de direction, qui reconnaît aux bac + 3 « une approche plus élargie du projet et une capacité à en appréhender les différentes facettes ».

Lien vers la Liste des licences professionnelles

La licence professionnelle

Niveau requis : bac + 2 (BTS ou DUT).
Niveau du diplôme : c’est un diplôme de niveau bac + 3, donnant accès au grade de licencié. Il se prépare en un an (ou deux semestres).
Spécialité : dans le BTP, il y a une soixantaine de licences professionnelles, formant environ 1 500 jeunes.
Poursuite d’études : elles sont très rares l’objectif étant l’insertion dans l’emploi. Des poursuites possibles en master.
Insertion dans l’emploi : selon la taille de l’entreprise, conducteur de travaux ou aide-conducteur de travaux, aide-chef de chantier…

 

Charles FERRÉ, chef du département génie civil d’Egletons

« La licence débouche neuf fois sur dix sur une embauche »
« Nous proposons, à l’IUT d’Egletons, deux licences professionnelles en alternance, l’une sur la réhabilitation des bâtiments, l’autre sur les routes, terrassement et réseaux. L’alternance permet aux jeunes de s’immerger progressivement dans l’entreprise ; cette année supplémentaire leur permet aussi d’acquérir de la maturité. De leur côté, les entreprises peuvent s’impliquer dans la formation et juger sur pièces leur future recrue. Car la licence débouche sur une embauche neuf fois sur dix dans l’entreprise d’accueil. Le jeune sort chef de chantier dans les TP ; dans le bâtiment, la fonction diffère selon la taille de l’entreprise : chef de chantier dans les grands groupes, conducteur de travaux dans les plus petites structures. Les entreprises restent encore très marquées par les niveaux bac + 2 et bac + 5. Elles n’ont pas encore totalement intégré la licence et manquent encore de lisibilité sur ce niveau. Mais cela va venir. De plus en plus de bac + 2 poursuivent en licence professionnelle. »

 

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