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Enquête réalisée par Emmanuelle N’Haux
Méthodologie : Enquête téléphonique réalisée par la plate-forme de la Direction de l’action commerciale de PRO BTP, du 28 juin au 13 juillet 2011, auprès de 751 entreprises du BTP d’au moins 10 salariés. La représentativité de l’échantillon a été obtenue, a posteriori, par redressement selon la taille de l’entreprise.
Rarement un été aura changé la donne à ce point. Alors que, fin juillet, le BTP s’inscrivait dans une perspective de recrutements faisant poindre des tensions à la rentrée, le mois d’août a été porteur d’une série de mauvaises nouvelles : crise financière, croissance en berne, hausse du chômage et coup de rabot sur des « niches » porteuses d’affaires… Si la prudence est de mise en ce début septembre, la situation n’est pour autant pas analogue à celle de 2008. « Nous avions connu alors un coup d’arrêt brutal de nos missions, témoigne un consultant en ressources humaines. Là, c’est différent. Les entreprises ne stoppent pas les recrutements en cours, mais attendent de voir ce qui va se passer au cours des prochaines semaines. »
Après deux années difficiles, les entreprises de construction ont donc repris du souffle. Les carnets de commandes se regarnissent et, depuis quelques mois, les directions des ressources humaines font feu de tout bois pour constituer et consolider les équipes. D’après notre enquête Le Moniteur-PRO BTP, près de 60 % des entreprises ont recruté au cours du 1er semestre. « Nous allons recruter 300 personnes pour la France cette année, soit 20 % de plus que l’an passé, illustre Sébastien Botin, vice-président pour les ressources humaines de l’ingénieriste SNC-Lavalin. Nous restons néanmoins prudents et sélectifs dans nos recrutements. »
Un fort besoin de confirmés
Structurellement, le secteur du BTP a besoin d’intégrer de nouvelles recrues. La crise de 2008 a conduit bien des entreprises à mettre le pied sur le frein. Conséquence : un sous-dimensionnement des ressources humaines à l’heure où l’activité redémarre. « Il y a eu effectivement un certain décalage entre nos préconisations en matière de recrutement et la réalité sur le terrain. En 2010, les opérationnels sont restés prudents. Cette année, nous avons passé des consignes à nos filiales sur les volumes de recrutement à opérer », illustre Philippe Tournier, DRH de Colas. La filiale routière de Bouygues mise sur près de 3 000 recrutements, dont 350 cadres, cette année contre 2 000 l’an passé. Depuis le début de l’année, les recrutements repartent à la hausse. Bien sûr, certaines activités restent plus dynamiques que d’autres – les travaux publics (hors grands projets) et la promotion immobilière souffrant davantage – et les besoins dans l’Hexagone sont loin d’être homogènes. Mais, pour l’ensemble des entreprises, un même besoin criant pointe cette année : celui de renforcer l’encadrement.
A l’instar de Bouygues Construction qui prévoit d’intégrer 1 300 cadres, la plupart confirmés, sur un total de 2 500 entrants. « Nous n’avions pas pour habitude d’aller chercher des confirmés à l’extérieur. Cet important besoin d’encadrement est lié à la nature des projets que nous traitons, explique Jean-Manuel Soussan, DRH de Bouygues Construction. Nous intervenons de plus en plus en amont des projets et de plus en plus en aval, sur la partie maintenance. Cela nécessite un encadrement plus fort. »
Cela traduit également une autre réalité. « Les entreprises ont recruté beaucoup de jeunes avant la crise dont certains ont connu des progressions de poste rapides, pas toujours bien accompagnées. Ils sont aujourd’hui un peu sous-dimensionnés pour encadrer de gros chantiers », estime une « chasseuse de tête ». Sans oublier que les chantiers qui démarrent aujourd’hui ont été arrachés à des prix souvent bas ! Ils requièrent expertise et expérience pour préserver des marges déjà faibles.
Devant ce besoin d’expérience, quelle place reste-t-il pour les jeunes diplômés ? « Au niveau cadre, les jeunes diplômés représenteront 80 % de nos recrutements, indique Géraldine Woloch-Addamine, responsable du recrutement d’Eiffage Construction. Pour leur intégration, la voie royale reste le stage de fin d’études et la voie de l’alternance. » Cette dernière devrait se renforcer avec le relèvement du quota de 3 % à 4 % qui s’impose désormais aux entreprises de 250 salariés et plus. Ainsi, NGE table sur l’intégration d’une cinquantaine de jeunes via l’alternance.
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